Financer les collectivités locales,c’est financer le développement #1

Chers amis, chers collègues,gues,

Bienvenue dans la suite de ce blog dédié au financement des collectivités locales dans le cadre du COVID-19. Ces dernières semaines, nous avons reçu de nombreux commentaires sur notre série d’articles de blog et de notes d’orientation à propos de l’intervention financière en faveur des collectivités locales dans le cadre de la pandémie de COVID-19. Le dénominateur commun de ces commentaires confirme le titre de ce blog. Même si certains restent sceptiques, la plupart des personnes interrogées adhèrent à notre vision selon laquelle financer les collectivités locales, c’est financer le développement. Cela inclut l’utilisation de subventions globales pour les dépenses opérationnelles en tant que moyen d’accélérer la réponse à la pandémie et la relance économique, comme souligné dans la quatrième édition de la note d’orientation sur le COVID-19 et le financement des collectivités locales. Nous continuerons de couvrir les enjeux relatifs au COVID-19.

Le financement des collectivités locales en tant qu’aspect du financement du développement couvre également l’application de transferts budgétaires intergouvernementaux afin d’accélérer la résilience climatique, comme dans le mécanisme de financement de l’adaptation des modes de vie au climat local (Local Climate Adaptive Living Facility), auquel participent 15 pays ; le financement de villes durables à l’aide de financements mixtes à l’échelon infranational via le Fonds international d’investissement municipal (International Municipal Investment Fund) ; ainsi que la mise en place d’institutions étatiques en Somalie selon une approche ascendante via le Programme commun sur la gouvernance locale (Joint Programme on Local Governance). L’objectif de ce blog est de présenter le financement des collectivités locales en tant qu’aspect du financement du développement, en mettant en lumière les réformes de politiques, les réponses à la pandémie de COVID-19, les investissements et d’autres actualités dans la sphère du financement des collectivités locales.

Êtes-vous :

  • Un représentant ou un employé d’une collectivité locale cherchant à mieux servir les citoyens que vous représentez ?
  • Un responsable politique, un haut fonctionnaire ou un professionnel du développement international souhaitant accélérer le Programme 2030 et l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris ?
  • Un individu curieux souhaitant mieux comprendre le lien entre financement des collectivités locales et financement du développement ?

The Editorial of the Financial Times of Tuesday 30 June 2020 gets it,

Si vous avez répondu oui à l’une de ces questions, ce blog devrait vous intéresser.

L’éditorial du Financial Times du mardi 30 juin 2020 voit juste lorsqu’il déclare que « les collectivités locales méritent une aide nationale ». Et de poursuivre :

« Le fragile équilibre entre autonomie locale et responsabilité financière est bien antérieur à la pandémie de COVID-19, et implique des défis différents d’un pays à l’autre. Mais dans le contexte particulier d’économies en confinement, chaque pays est confronté au même risque : que les contraintes financières à l’échelon infranational deviennent le talon d’Achille de plans de sauvetage économique nationaux par ailleurs bien fondés, mis en œuvre pour compenser les dégâts économiques.

Les gouvernements nationaux ont réalisé que pour soutenir les entreprises et les individus, le « risque moral » et le risque de récompenser d’anciens comportements irresponsables devraient figurer en toute fin de leur liste de préoccupations. Ce même constat devrait s’appliquer à leurs propres collectivités locales. » (Éditorial du Financial Times, mardi 30 juin 2020.)

Il s’agit là de mots très forts. En effet, pourquoi venir au secours des entreprises alors que les économies locales et les communautés se voient privées de marge de manœuvre budgétaire, laissant aux citoyens le soin de payer la note via une augmentation des impôts et une diminution des niveaux de service ? Au niveau local, le secteur privé a besoin d’un secteur public engagé, fluide et confiant, conférant un cadre lui permettant de s’épanouir. Cet aspect sera crucial pour relancer l’économie après la pandémie, période pendant laquelle de nombreuses collectivités locales devront maintenir des services au niveau local tout en pilotant des stratégies de développement économique afin de se reconstituer un espace budgétaire et de stimuler l’emploi local, quitte à explorer de nouveaux marchés ou de nouvelles zones d’activité économique.

La note d’orientation sur le COVID-19 et le financement des collectivités locales met en avant le rôle essentiel des collectivités locales dans la réponse à la pandémie. La série d’apprentissage en direct de Cités et Gouvernements Locaux Unis et ONU-Habitat nous a rappelé que la crise n’avait pas seulement montré quels étaient vraiment les travailleurs essentiels : elle a également mis en lumière quelles institutions étaient essentielles. Les collectivités locales, souvent négligées, en font partie.

Les enseignements à retenir des expériences de développement économique local sont que les niveaux de vie augmentent lorsque les chaînes de valeur retiennent la valeur dans l’économie locale et créent des regroupements, des spécialisations et des externalités positives, ce qui nécessite des investissements ciblés et des augmentations de productivité qui accompagnent généralement les processus d’urbanisation. Jean-Pierre Mbassi, Secrétaire général de Cités et Gouvernements Locaux Unis en Afrique, expliquait dans un récent entretien de podcast que l’actuelle urbanisation rapide du continent se caractérisait par de faibles augmentations de la productivité, et que l’Afrique ne récoltait pas encore tous les fruits de la croissance de ses villes. Il s’agit là d’un enjeu crucial à l’heure où l’urbanisation du continent africain s’accélère, comme en témoigne le taux de croissance de Lagos (voir figure 1). Ce modèle d’augmentation rapide de la population urbaine se retrouve dans tous les pays, dans les villes de taille moyenne comme dans les grandes villes. Beaucoup d’endroits qui n’étaient encore que de petites villes il y a à peine une ou deux générations comptent aujourd’hui plus d’un million d’habitants (voir figure 2).

Figure 1. Croissance de l’urbanisation à Lagos (1950 – 2035)

Source : UN World Urbanization Prospects 2018 – Annual Urban Population at Mid-Year (Perspectives d’urbanisation mondiale des Nations Unies pour 2018 – Population urbaine annuelle en milieu d’année) (en milliers)

Figure 2. Croissance de l’urbanisation en Afrique (1950 – 2050)

Source : UN World Urbanization Prospects 2018 – Annual Urban Population at Mid-Year (Perspectives d’urbanisation mondiale des Nations Unies pour 2018 – Population urbaine annuelle en milieu d’année) (en milliers)

Dans le contexte de relèvement après la pandémie, cet enjeu relève d’une priorité nationale pour les gouvernements africains. L’UNCDF animera un webinaire de 9h00 à 10h30 EDT (13h00 à 14h30 GMT) le 2 juillet afin d’analyser l’impact de la crise sur le financement des investissements urbains. Les questions abordées seront les suivantes : Les projets d’investissement vont-ils être gelés ? Vont-ils être accélérés ? L’environnement politique et financier favorisera-t-il ou rendra-t-il plus difficile la réalisation de projets infranationaux de financements mixtes ? Le type d’investissements évoluera-t-il au profit de projets qui génèrent non seulement des recettes pour amortir les financements, mais qui contribuent également à la reconstruction de l’espace budgétaire local ? Enfin, comment faire en sorte que la relance économique soit aussi verte et durable que possible ?

Toutes ces questions seront examinées lors du webinaire. Le webinaire s’ouvrira sur des présentations de M. Osei Assibey Antwi, maire de Kumasi (Ghana) et de Mme Yvonne Aki-Sawyerr, maire de Freetown (Sierra Leone), qui brosseront le tableau du climat d’investissement actuel dans leurs villes respectives, ainsi que de l’état de leurs plans de dépenses en capital.

  • La ville de Kumasi (2,5 millions d’habitants) est la capitale de la région Ashanti, qui fut un royaume indépendant un siècle avant la création du Ghana. Elle arbore un riche patrimoine culturel, particulièrement visible dans les petites villes environnantes. Le commerce, l’industrie textile, l’agriculture et l’exploitation minière sont les principaux secteurs économiques de Kumasi. La ville compte parmi les plus grandes zones métropolitaines du Ghana
  • Freetown est la capitale et le siège du gouvernement de la Sierra Leone. C’est la plus grande ville du pays et le moteur de l’économie nationale : bien qu’elle ne compte que 15 % de la population et occupe moins de 0,5 % des terres, la ville génère 30 % du PIB national. Avec plus d’un million d’habitants et un taux de croissance annuel de 4,2 %, la population de Freetown devrait doubler d’ici à 2028.

Les membres du panel constitué de M. Jaffer Machano, responsable du programme Municipal Investment Finance de l’UNCDF, M. Frédéric Audras, responsable de la division Développement urbain de l’AFD, M. Kevin Nelson, chef d’équipe Affaires urbaines du Bureau des affaires terriennes et urbaines de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), M. Tshepo Ntsimane, directeur des comités Agglomérations, Villes intermédiaires et Eau de la Banque de développement d’Afrique du Sud (DBSA) et Mme Emmanuelle Nasse-Bridier, directrice du pôle Infrastructures urbaines résilientes de Meridiam, apporteront ensuite leurs réponses aux questions soulevées plus haut et aux présentations des maires. Pour terminer, Mme Lisa Da Silva, responsable « Villes mondiales » de la Société financière internationale (SFI), offrira une première réponse à l’issue des échanges.

Je suis impatient de modérer ce webinaire et espère vous voir nombreux en ligne. À celles et ceux qui n’auront pas la possibilité d’y assister, nous proposerons ultérieurement une séance en direct de suivi qui inclura une séance de questions/réponses en ligne pour approfondir les thèmes abordés.

À bientôt et prenez soin de vous,

David Jackson

Directeur du Financement du développement local,

UNCDF


Leave a Reply